L'idée d'adapter 107 ans
pour le théâtre est venue très naturellement, avant
même que je ne commence à écrire le roman, puisque
j'y reprends, quatre ans après, les personnages - Simon et Lucie
- de ma première pièce, La Nuit du thermomètre, que
nous avons créée au CDN de Nice Côte d'Azur, puis
repris au théâtre Marigny à Paris.
107 ans n'est pas pour autant
une suite : il n'était pas question pour moi d'écrire
un roman que ne pourraient apprécier que ceux qui avaient vu
ma pièce ; en cela, son adaptation sera également une
pièce à part entière.
Il y a plusieurs raisons à cette envie de poursuivre cette
histoire sur les planches, la principale étant ma rencontre avec
les deux comédiens qui sont devenus Lucie et Simon, Emma de Caunes
et Frédéric Andrau. Une rencontre humaine auréolée
d'un succès que nous avons eu la chance de connaître. En
tant qu'auteur, et " jeune " metteur en scène de théâtre,
il est peu dire que cette découverte fut pour moi bouleversante.
L'envie de retravailler avec Frédéric sur le personnage
de Simon s'est imposée à moi dès l'écriture.
Son enthousiasme à la lecture du texte fut le détonateur
du projet : au point que nous avons adapté le roman ensemble
- principalement en le dégageant des nombreuses références
littéraires qui le nourrissaient, pour se consacrer au récit,
au déroulement de l'histoire.
Pour un auteur, il est rare de trouver naturellement un interprète
aussiexceptionnel que Frédéric, et quand cette
chance arrive, on a forcément envie de continuer le travail,
surtout avec un personnage aussi riche et complexe que celui de Simon.
Mettre en scène 107 ans
sera donc essentiellement travailler en commun sur un personnage pour
arriver à lui rendre toute sa fantaisie, son imaginaire, son
désespoir et sa folie.
C'est dans ce sens que je souhaite que la scénographie soit
plus légère que sur La Nuit du thermomètre. Une
réflexion que nous avons menée en amont avec Stéphane
Baquet, qui nous avait déjà accompagné sur La Nuit...
Dans le même esprit, les souffrances que s'inflige Simon ne seront
pas représentées visuellement avec la même violence
sur scène que sur papier - je n'ai pas grand goût pour
le gore au théâtre. Pour autant, je tiens à créer
quelques images fortes qui retranscriront plus l'indéfectible
amour que Simon porte à Lucie que le désespoir infini
qui l'habite.
Afin de toucher le spectateur à la fois au cur et au ventre.