Un regard pessimiste sur le monde ne génère pas automatiquement une œuvre sinistre. " La femme qui frappe " est une comédie délirante. Tout dépend, sans doute, du patrimoine génétique de l'auteur.
Depuis que j'écris pour le théâtre, il y a quarante ans environ, je me suis moqué, à ma manière, des hommes de pouvoir, des truqueurs, des gouvernants. Je répugne à me moquer des personnages qui sont humiliés et offensés. Je me sens de leur côté.
Mais je dois à la lucidité de dire que certains des êtres peu recommandables que j'ai pris pour cibles me ressemblaient aussi beaucoup quelquefois. Il y a peut-être, enfouie au plus profond de moi, une sorte de sens de l'autocritique qui, grâce à ma façon d'écrire, se mue en autodérision. Je ne suis, dès lors, pas loin de penser que j'ai quelque chose de l'écrivain tortionnaire et égocentrique qui taraude Agathe !
Mais je me sens parallèlement absorbé parles tourments de cette femme généreuse et pugnace qui perd sa vie à la gagner.
Ai-je inventé un genre qui serait le cauchemar drolatique ? Peut-être ! Il faut en tout cas de véritables virtuoses pour réussir l'alliage de la vérité, de la dérision et de la folie.
Le metteur en scène Yves Pignot a l'expérience, mais aussi la finesse et la subtilité qui nous aident à rire et à respirer alors que nous sommes plongés dans le chaos de la formidable Agathe qu'assume Josiane Pinson.
Avec quelle bouleversante vérité, avec quelle dérangeante cocasserie, avec cette jubilation communicative que le don de l'actrice illumine et transcende.

Victor Haïm

Une grande dame

Dans "La Quarantaine Rugissante" et "Psycause(s)", je me suis attachée en tantqu'auteur et interprète à tenter de dépeindre les femmes au plus près de ce qu'ellessont, entre fragilités, passions, carcans, doutes, failles, exigences... et violences parfois.

Aussi, lorsque Victor m'a confié " La femme qui frappe " il m'a paru tout naturel de poursuivrel'étude de portrait de mes contemporaines avec Agathe.
Agathe me touche profondément. Entre dépression et vraie joie de vivre, elle se bat pour sauver l'image qu'elle se fait de la fidélité... y compris " post mortem ". Toute petite face au pouvoir et à l'argent, c'est une grande dame.
Si elle semble prête à toutes les compromissions, c'est elle pourtant, à sa façon, qui mène le jeu. Elle est drôle. Désespérée. Digne. Charmeuse. "Popu". Anéantie.Belle et bouleversante dans sa course à la survie.

Agathe est un cadeau.... Et j'ai bien l'intention de relever le défi, galvanisée par la totale confiance de l'auteur.

Josiane Pinson


à mon avis

Une femme, qui ne sort plus guère de chez elle, tape frénétiquement à la machine des kilomètres d'un texte prétentieux et emphatique. Pour ce travail dont elle ne voit pas la fin, elle fait pourtant preuve d'application, de courage et même parfois d'enthousiasme. Mais l'auteur, qu'elle n'a que qulquefois au bout du fil, se joue d'elle, la ridiculise, l'humilie même.
Cette fable sur le thème du dominant et du dominé est d'une force exceptionnelle. Josiane Pinson sait décliner avec art les différentes facettes de son personnage tour à tour drôle, touchant et pathétique, emprunt d'un immense désarroi et d'une profonde humanité.
L'auteur et son interprète frappent fort. Le spectateur d'abord amusé, assiste ensuite médusé et impuissant à une descente aux enfers.

Christian Dumont

 

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