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THEATRE MARIGNY
(salle Popesco)
Carré Marigny Paris 8ème
T: 01 53 96 70 20
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de Michel Quint
Éditeur Joëlle Losfeld
Mise en scène Gérard
Gelas
avec
Jean-Paul Farré
Dramaturgie Emile Hedic
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Note
de l'auteur
Je sais pas si j'ai bien fait de tout déballer cette vieille
affaire de famille Une anecdote de la seconde guerre comme il y en a
en mille, et même pas héroïque D'abord vous avez les
vôtres, d'affaires, et puis vous allez peut-être m'en vouloir
parce que c'est quand même plus confortable, je le sais d'expérience,
vu qu'avant d'écrire ce bazar, j'avais ma tranquillité,
c'était plus confortable d'ignorer, d'avoir oublié complètement.
Je veux dire : de plus faire le lien entre les effroyables jardins de
nos mémoires et les autres, qui continuent à fleurir sauvage,
partout et sans cesse. Parce que la barbarie c'est pas que de l'autrefois,
une vieille maladie circonscrite dans l'Histoire et vaccinable à
coups de dépôts de gerbes et de commémorations.
C'est du passé vivant. Evidemment, malgré tout, vécue,
racontée par un clown à trois ronds, cette affaire prend
tout de suite une tournure officielle ! Et les personnages simples,
le papa, le cousin, la soeur, et Nicole et l'ami Fritz, on peut faire
confiance à Jean-Paul Farré, avec sa bille de tragédien
recyclé, pour leur donner de la stature de héros ! D'ailleurs
au fond, le problème est là: est-ce que vous pouvez, vous
spectateurs, nous faire confiance ? Croire que le pire n'arrête
pas de survenir et qu'on peut quand même croire en l'humanité,
faut au moins être clown pour avoir cette audace ! C'est donc
à cela qu'on vous convie : comme Jean
Paul Farré et Gérard Gelas, mettez un nez rouge,
ce soir, et sûrement que le monde sera pas moins cruel mais peut-être
qu'on sera un petit peu plus des hommes qui n'en détournent pas
le regard.
Michel Quint
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Note
du metteur en scène
Je préparais au Luxembourg, la mise scène
des "Affaires sont
les affaires " d'Octave Mirbeau, une saga libertaire annonçant
dès 1902 le règne de l'Argent Roi sous lequel nous vivons,
ou survivons aujourd'hui, quand Emile Herlic m'a donnéà
lire " Effroyables Jardins ",
un texte simple et splendide qui à travers une histoire d'homme
vient au bon moment, pour moi, nous parler de la résistance à
l'oppression, à toutes les oppressions; et nous parler aussi de
la transmission de certaines valeurs qui nous aideront, conjuguées
à la mémoire, comme le narrateur avec ou sans nez rouge,
à venir témoigner au procès d'un Papon, ou de tout
autre moderne barbare, qu'il y a un sens à la vie dès lors
que l'on sait dire non à ce qui' n'est pas acceptable, et que l'on
sait pourquoi l'on dit non. Qu'i l y a aussi une chaîne, un sens
qui unit ou qui sépare parmi les tribus humaines.
Dans le texte de Quint, c'est peu de dire qu'il y a connivence,
et contre toute attente, entre le soldat allemand de l'armée hitlérienne
et ses prisonniers français, alors qu'il n'y a rien d'autre que
la trahison entre les gendarmes de la République et les résistants
de leur pays quels vont dénoncer à l'autorité nazie
pour une misérable histoire de jalousie footballistique.
Et pourtant salauds ou victimes, libérateurs ou
dénonciateurs, tout cela se fait et se joue dans l'homme car avant
que l'on choisisse son camp, pour autant qu'on le choisisse, il y a certainement
en nous à l'état brut, les graines du bien et du mal. A
chacun de décider ce qu'il veut semer en son jardin. Cela m'invita
à décider de confier ce récit à un seul acteur,
Jean-Paul Farré, capable comme grand comédien qu'il est,
d'incarner aussi bien la nuit que le jour, la liberté ou l'oppression.
Les paysages, les situations, les sentiments, nous les liront dans sa
gestuelle, sur son visage, dans les modulations de sa voix, et ce, non
pas dans la gamme que Jean-Paul maîtrise mieux que quiconque mais
plutôt dans l'incarnation des personnages de Quint, cette symphonie
où les solistes sont des gens du peuple, ce peuple tant absent
de la scène théâtrale française et qui a pourtant
tant à nous dire sur tous les Papon de la terre et sur leurs descendants
qui', imperturbablement, continuent à saccager les beaux jardins
de l'homme jusqu'à les rendre effroyables. -
Gérard Gelas
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Jean Paul Farré
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Pour tout savoir sur eux,
cliquez les sans pitié!
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Gérard Gelas
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