Labiche en 3 actes

Mise en scène
Anne-Marie Lazarini
Décor et lumières
François Cabanat
Costumes
Dominique Bourde

Avec
Jacques Bondoux, David Fernandez, Sylvie Herbert, Isabelle Mentré, Emmanuelle Michelet, Jean-Luc Rivière

THEATRE ARTISTIC ATHEVAINS
45 bis rue Richard lenoir
01 43 56 38 32
jusqu'au 29 juillet 2003

Des portes qui claquent et ouvrent sur le vide…

 

« Ah ! qu’il est doux de rentrer chez soi, de voir ses meubles et de s’y asseoir ». Cette aspiration de Monsieur Perrichon, dans la pièce de Labiche traduit à peu près l’aspiration tranquillement bourgeoise de tous les personnages du maître du vaudeville.

Las ! rien ne va : les rencontres inattendues et les coïncidences, les faux hasards et les fausses sorties transforment le rêve en un cauchemar où les personnages sont lancés dans une course tellement folle qu’ils s’y précipitent jusqu’à l’égarement dans une logique absurde qui devient surréaliste.

Dans Mon Isménie !, Vancouver est prêt à tout pour ne pas perdre sa fille. Dans un désir incestueux à peine voilé il multiplie les scénarios pour faire fuir les prétendants. Jusqu’à l’arrivée du beau Dardenbœuf…

Rosafol, divorcé en Suisse s’est remarié avec une femme assez sourcilleuse sur le chapitre de la vertu. Gare aux jolies soubrettes surtout quand la dernière arrivée n’est autre que son ex-femme ! (Le Dossier de Rosafol)

Enfin, le pauvre Trébuchard, sémillant jeune veuf, encombré de la fille de sa première femme qui a le double de son âge cherche à tout prix à s’en débarrasser pour épouser la belle Claire. (Les Suites d’un premier lit)

Trois pièces en un acte donc où les situations les plus cocasses sont jouées dans un décor unique avec les mêmes comédiens, pour mettre à jour l’extraordinaire machine théâtrale rythmée par les entrées et les sorties, le bruit des portes qui claquent et s’ouvrent finalement sur un vide vertigineux jusqu’à la panique.

Jointe à une observation juste de la société sous le Second Empire, cette extraordinaire mécanique de précision lancée à cent à l’heure jusqu’à épuisement des personnages confine à la folie la plus hilarante.

Mais pour qu’elle fonctionne, les comédiens oubliant le ton
« conversations de salon », doivent plonger dans chaque phrase comme s’ils jouaient leur va-tout, être tout entier corps et esprit dans l’instant de la parole qui se formule et soudain bifurque, qui dit et se contredit avec la même évidence, la même naïveté.

Alors, peut-être est-il possible de fondre dans le jeu le réalisme grinçant et la folie comique, de manière à voir les personnages comme des marionnettes qui n’auraient perdu en rien leur relief d’êtres vivants, mais devenus grâce au mouvement endiablé de véritables figures sans temporalité.

Anne-Marie Lazarini
metteur en scène

 

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