Oscar Wilde
 

Outrages aux moeurs

 

 

Oscar Wilde

A mon avis...

Que pouvait craindre Oscar Wilde quant à l’issue du procès qui allait l’opposer au marquis de Queensburry. Lui, le poète reconnu, le favori de la haute société londonienne, n’était-il pas protégé par sa formidable notoriété, son immense talent.

Et pourtant. En braquant une lumière accusatrice sur la vie privée du dramaturge, sur ce que l’on savait confusément de lui mais qu’on ne disait pas, la machine judiciaire de l’Angleterre victorienne s’est mise en route par étapes, lors de 3 procès, en allant jusqu’au bout de son œuvre assassine.

A l’aide d’extraits de biographies, de témoignages, de coupures de presse, la pièce nous fait vivre cet acharnement et nous laisse haletant et puis abasourdi par tant de haine.

Un réussite, malgré quelques longueurs dans la première partie et une distribution inégale.

Christian Dumont


 

 

 

Oscar Wilde

« D’autres malheureuses créatures, qui sont jetées dans la prison et soustraites à la beauté de ce monde, sont jusqu’à un certain point à l’abri de ses flèches les plus perfides et de ses flèches les plus aigües. Ils peuvent se tapir dans l’ombre de leur cellule et, de leur ignominie, se faire encore quelque manière de sanctuaire inviolable. Le monde a reçu satisfaction, le monde passe outre ; on les laisse souffrir en paix. Il n’en est pas ainsi pour moi. Une peine après l’autre, en quête de moi, a frappé à la porte de ma prison. On a ouvert la porte de ma prison toute grande à la douleur, et on l’a laissée entrer. . . . »

Oscar Wilde



Jean Marie BESSET, adaptateur de la pièce

La chute d’Oscar Wilde telle qu’elle eut lieu, la chute vue à travers le prisme des procès , et notre vision d’aujourd’hui sur ces deux évènements, telle est la foisonnante grille de lecture proposée par la pièce de Moïsès KAUFMAN , qui arrive en France après son succès à New York (1997-1998).

A propos de ce tour de force du documentaire dramatique, l’auteur invoque les techniques de Brecht et de Piscator. Pour ce lecteur traducteur-ci, le texte rappelle plutôt l’évangile du vendredi saint, le récit polyphonique de la Passion. Le personnage d’Oscar WILDE apparaît bel et bien comme une figure christique de l’art, un martyr de la littérature, et son histoire, parce qu’elle nous semble la trajectoire individuelle le plus tragique du siècle écoulé, ne cesse de nous interpeller et de nous instruire : le dialogue entre vie et création artistique, le but de l’art, l’homosexualité dans sa dimension esthétique mais aussi sociale. Surveiller et punir aurait dit Foucault. Et créer, rajoute Moïsès KAUFMAN par la voix d’Oscar WILDE.

Jean Marie BESSET

Le spectacle a été créé
au Théâtre14
20, av. Marc Saugnier
75014 Paris


Reprise du 7 au 22 avril 2001
du mardi au samedi à 20h.30
matinée dimanche à 15h
à l'Espace CARDIN
1, av. Gabriel
75008 Paris
Tél.: 01 42 65 27 35
 

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