theatresenscene


Les douze meilleurs professeurs de France en prime time sur la meilleure chaîne publique.
Une campagne de promotion vécue, suivie et préparée dans un lycée d'excellence. Sous l'œil critique des parents, des médias, des professeurs, du pouvoir, un proviseur tente de sauver son idée de l'enseignement. Vies d'élèves, vies de professeurs, promotions, idéaux, passe-droits, évaluations... qui maîtrise quoi ? Une comédie de mœurs sur l'enseignement.


Le meilleur professeur

une pièce de
Daniel Besse
mise en scène par
Stéphane Hillel
avec
Philippe Magnan, Marie Bunel, Daniel Besse, Guillaume de Tonquedec, François Caron, Virginie Peignien, Claudie Guillot, Iris Besse
au
PETIT THEATRE DE PARIS
15 rue Blanche 75009 Paris
T: 01 42 80 01 81

Note de l'auteur

L'enseignement est en crise depuis quarante ans. De réformes avortées en réformes désavouées, de gouvernements de gauche en gouvernements de droite, rien n'a pu enrayer cette crise. La vertu cardinale du théâtre, ici, pour moi, n'est pas bien évidemment, qu'il puisse apporter des solutions à cette crise, mais qu'il soit un révélateur de la bêtise démagogique, qu'il soit un lieu de résistance aux préjugés bien pensants, idéologisants et conformistes qu'on veut nous faire partager depuis de nombreuses années sur l'enseignement, sur ses méthodes, sur ses réussites et ses échecs. A la fois proche et insaisissable, avec ses convictions, sa ferveur, son dévouement, mais aussi ses doutes, ses emportements, ses paradoxes, ses contradictions, ses manquements... défini, sélectionné, programmé, classé, hiérarchisé par des pédagogues... discuté, accepté ou contesté, mais dispensé, imposé par des professeurs... voulu ou subi par les élèves... administré, encadré, modélisé par les proviseurs, intendants, conseillers d'éducation, surveillants... légitimé à tord ou à raison par les autorités de tutelle... attaqué ou respecté par les parents d'élèves... l'enseignement institutionnalisé est un monde en soi: le “monde enseignant”. L'Education!Sujet impossible ? Tant il y aurait à dire, tant il a été dit, et tant il serait difficile de tout dire...Certes ! Mais l'art du théâtre n'est-il pas celui du raccourci ? J'ai donc fait en sorte que les thèmes que je n'ai pas abordés soient implicitement contenus, par un effet en quelque sorte gigogne, dans ceux dont je me suis emparé. A chacun de les y débusquer. Interroger, réveiller, provoquer, irriter, mais aussi émouvoir, faire rire et pleurer sur la question enseignante, voici le sens et l'ambition du simulacre que je propose, ici, à la scène... avec, évidemment, la manifestation d'une certaine forme de catharsis sociale qui est pour moi le nerf essentiel, la force vive et salutaire du théâtre de mœurs auquel j'appartiens.

Daniel Besse

Note du metteur en scène

Il y a dans l'écriture de Daniel Besse quelque chose du Samouraï du japon ancestral…
Très cérémonieusement, il salue son adversaire, il a pour lui toutes les attentions, il lui témoigne son respect, son admiration, les premiers mouvements laissent croire que nous assistons plus à une danse traditionnelle qu'à une véritable joute et tout à coup sans rien perdre de sa grâce et de son élégance le combat devient d'une violence et d'une cruauté inimaginable quelques secondes auparavant.
Dans « Le meilleur professeur », derrière le côté mesuré, bien élevé, contrôlé, policé, charmant, se cache un esprit qui tranche, découpe, lacère, égorge et taille en pièce son adversaire. L'adversaire est ici le politiquement correct, la pensée unique, la tromperie, l'impuissance d'agir, la petitesse d'esprit, le désengagement, l'embrigadement idéologique…
Il ne reste plus qu'à affûter nos sabres… Banzaï !!!!

Stéphane Hillel

à mon avis

Pour parler de l'éducation et du milieu enseignant, ce qui n'est pas très courant au théâtre, Daniel Besse a eu la bonne idée d'introduire dans sa pièce une petite dose de télé réalité avec "ce meilleur professeur" qui , pour redorer le blason de l'éducation nationale, doit absolument être désigné pour passer à la télévision en "prime time", comme il y a un "meilleur interprète de chansons" avec "la meilleure chanson de la décennie" etc...En conséquence, la pièce, loin de toute exercice strictement sociologique, prend ici la forme d'une sorte de tragi-comédie où ce microscome n'en est pas moins finement observé. L'auteur excelle à mettre ses personnages, proviseur, professeurs, élèves et parents d'élève, dans des situations limites qui agissent comme des révélateurs où rien ne nous est épargné quant à la lâcheté des uns et la suffisance des autres.
Et puis, dans le rôle du proviseur, on assiste à un festival Philippe Magnan dont le jeu parfaitement maitrisé dégage une force comique exceptionnelle.

Christian Dumont

 

 

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