La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,comme voir resurgir au miroir un visage défunt,comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muet.

Cesare Pavese

Le Regard

avec
Laurent Terzieff, Francine Walter,
Vincent de Boüard, Emilie Chevrillon

THEATRE RIVE GAUCHE

6 rue de la Gaité 75014 Paris
T: 01 43 35 32 31

de
MURRAY SCHISGAL
Adaptation: Pascale de Boysson

Mise en scene
LAURENT TERZIEFF

"Oh! sur quels abîmes d'oublis repose la vie!"

Hermann Broch
Le Tentateur

"L'avenir ne m'offre rien de bon et le passé me dévore"
G.Flaubert à 54 ans

 

Photos de répétitions

Laurent Terzieff
Laurent Terzieff
(Passez le curseur sur la photo)
Murray Schisgal nous montre une femme peintre agée face à son jeune modèle masculin, et un homme âgé peintre également face à son jeune modèle féminin.

Dans ce face à face, nous assistons au choc de deux mondes : un monde chargé de ressentiments dont le futur a peu d'avenir et un monde qui a beaucoup d'avenir mais que le futur effraye. Autrement dit un futur qui a peu d'avenir et un avenir dont le futur fait peur.


A l'origine Murray Schisgal avait mis ces deux couples en apposition plutôt qu'en opposition. Il s'agissait de deux courtes pièces devant être jouées l'une après l'autre, j'ai préféré les faire s'interferer, en réunissant les deux pièces en une seule, à partir d'un découpage séquenciel des deux textes.


Donc, quatre êtres parallèles et peut-être complémentaires et peut-être aussi, les quatres points cardinaux d'un seul et même être ? Le mutisme dans lequel S'est réfugié Angélica ce jour là n'est-il pas le non-dit du regard sur l'existence que chacun emporte avec lui dans sa mort? On ne sait jamais ce qu'il y a vraiment dans la tête d'un auteur, et il ne sert à rien de le lui faire avouer: il se dérobera toujours et il aura raison.


Murray Schisgal dont c'est la 7ème pièce que nous montons réalise une fois de plus la symbiose entre l'humour juif et un penchant très anglo-saxon pour l'absurde et le non-sens.

Ici le propos est peut-être plus grave qu'ailleurs, mais le ton est tout aussi désinvolte et dépouillé d'esprit de sérieux. Avec pudeur, il évoque les choses simples et importantes de la vie et nous en révèle parfois le secret.

Les corps nus des jeunes modèles dans l'insolente fraîcheur de leur jeunesse, rend plus amer encore la victoire que les peintres ont remporté sur euxmêmes en ayant tout sacrifié à leur art. Les sentiments violents, que les deux peintres éprouvent pour leurs modèles, les renvoient avec ce qu'ils n'ont pas voulu être, ce qu'ils n'ont pas pu être, à ce qu'ils ne peuvent plus être, de toute façon.


 

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